giovedì 9 giugno 2016

CAT-HOUSE


CAT-HOUSE
 © Luca Piccini
Mix. Tech. on Wood, 30x30

Charles Baudelaire, Perdita d’aureola (tratto da I fiori del male, 1857)

«Come, voi qui, mio caro? In un bordello voi, il bevitor di quintessenza, voi, il mangiator d'ambrosia! Veramente c'è di che stupire».
«Mio caro, sapete quanto temo i cavalli e le carrozze. Poco fa nell’attraversare il Boulevard, in gran fretta, mentre saltellavo nel fango tra quel caos dove la morte giunge al galoppo da tutte le parti tutt’in una volta, la mia aureola è scivolata a causa di un brusco movimento, giù dal capo nel fango. Non ebbi il coraggio di raccattarla, e mi parve meno spiacevole perdere le insegne, che non farmi rompere le ossa. E poi, ho pensato, non tutto il mal e vien per nuocere. Ora posso passeggiare in incognito, commetter bassezze, buttarmi alla crapula come il semplice mortale. Eccomi qua, proprio simile a voi, come vedete!».
«Per lo meno dovreste metter un avviso per chi trovi quest’aureola; farla richiedere alla polizia urbana».
«No, in fede mia! Sto bene qui. Mi avete riconosciuto solo voi. D'altronde la dignità mi annoia, e inoltre penso con gioia che qualche poetastro la prenderà su e se la metterà sulla testa impudentemente. Fare la felicità del prossimo, che gioia! E specialmente d’un prossimo che mi farà ridere! Pensate a X …, o a Z …! Eh? Che bellezza!».
_____________________________

PERTE D'AUREOLE
Eh! quoi! vous ici, mon cher? vous dans un mauvais lieu! vous, le buveur de quintessences! vous le buveur d'ambroisie! en vérité, il y a là de quoi me surprendre. – Mon cher, vous connaissez ma terreur des chevaux et des voitures. Tout à l'heure, comme je traversais le boulevard, en grande hâte, et que je sautillais dans la boue, à travers ce chaos mouvant où la mort arrive au galop de tous les côtés à la fois, mon auréole dans un mouvement brusque a glissé de ma tête dans la fange du macadam. Je n'ai pas eu le courage de la ramasser. J'ai jugé moins désagréable de perdre mes insignes que de me faire rompre les os. Et puis, me suis-je dit, à quelque chose malheur est bon. Je puis maintenant me promener incognito, faire des actions basses et me livrer à la crapule comme les simples mortels. Et me voici tout semblable à vous, comme vous voyez! – Vous devriez au moins faire afficher cette auréole, ou la faire réclamer par le commissaire. – Ma foi! non. Je me trouve bien ici. Vous seul, vous m'avez reconnu. D'aílleurs la dignité m'ennuie. Ensuite je pense avec joie que quelque mauvais poète la ramassera et s'en coifferaimpudemment. Faire un heureux, quelle jouissance! et surtout un heureux qui me fera rire! Pensez à X ou à Z! hein! comme ce sera drôle!


La Princesse Salomé

La Princesse Salomé © Luca Piccini Ready Made and Mixed Media on Board, 25x30 “ Comme la princesse Salomé est belle ce soir! ” ...